Samedi 18 décembre 2010
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Par USVA
« Tae-Hee, tu as besoin de deux choses, lesquelles ? », interroge Philippe Montanier. « Être actif et décisif », bredouille le jeune milieu de terrain d'une voix timide.
Cette communication de peu de mots résume la situation de Tae-Hee Nam, 19 ans, élève de VA originaire du pays du Matin calme, qui doit faire face à un écart culturel aussi vaste que l'Asie.
Arrivé en Europe en 2008, par la passerelle de Reading (Premier League), le natif d'Ulsan, métropole d'environ un million d'habitants au sud-est de la Corée du Sud, y a appris la rudesse d'un
tacle britannique beaucoup plus vite que l'anglais, dont il n'a retenu que quelques mots.
« J'en veux plus »
À Valenciennes depuis 2009, il s'attaque à des systèmes défensifs pas franchement plus tendres et surtout une langue encore plus compliquée. « C'est très difficile de parler français, mais
ça va mieux », confie-t-il. « Il comprend mieux et ça l'aide à se libérer sur le terrain », confirme son entraîneur, satisfait de ses dernières entrées en jeu. À Sochaux (24
minutes), il permit à son équipe de jouer plus haut et offrit une balle de but non convertie par Danic. Contre le PSG (18 minutes). il secoua la défense parisienne et donna la passe sur
l'égalisation d'Aboubakar.
« J'espère qu'il a passé un cap. Il a montré ce qu'il montre à l'entraînement. C'est ce qu'on lui reprochait », explique Montanier. « Ça fait quinze jours qu'on l'encourage et
qu'on lui fait savoir qu'il va dans le bon sens. Maintenant quand il ne comprend pas, il demande. Et ça change tout. » Au-delà de la langue, le staff valenciennoise lutte pour briser la
glace culturelle. « Le rôle des adjoints est important. Dans la culture de Tae-Hee, le respect du chef et donc de l'entraîneur est immense. Alors avec moi ce n'est pas simple... »,
témoigne Montanier, qui fait tout ce qu'il peut pour le mettre à l'aise.
Selon lui, Nam dispose d'« un énorme potentiel », celui qu'avait déjà perçu Antoine Kombouaré. « Il a ce qu'il y a de plus difficile à avoir. Le dribble, la capacité à éliminer.
Contre Paris, on l'a aussi vu bien placé, ce qui prouve qu'il commence à bien sentir notre jeu », éclaire-t-il.
Ceci plus cela laisse penser que le jeune milieu offensif est désormais tout proche d'avoir sa chance, d'autant qu'il se sent désormais bien physiquement. « Je suis très content car je ne
suis plus blessé. Je pense que j'ai progressé, j'ai montré de bonnes choses mais on a perdu, alors... Moi j'en veux plus. J'espère avoir encore plus de temps de jeu. » Pris en main par des
cadres, notamment le capitaine Rudy Mater et Rafael, Nam accomplit de considérables efforts d'extériorisation et n'hésite désormais plus à parler. « J'ai besoin de ça. Je sais ce que veut le
coach. Il m'a beaucoup fait travailler, tactiquement et mentalement », détaille-t-il, alors que le staff pourrait miser sur sa fraîcheur ce soir.
Ses équipiers, qui ont tous déjà pris au moins un petit pont à l'entraînement, attendent eux aussi de profiter de sa percussion. Montanier l'a préparé pour ça et sent l'éclosion proche.
« L'autre jour, un confrère venu assister à l'une de nos séances, m'a demandé impressionné :"Qui c'est celui-là ?"